Architecture Gothique : Gothic Arts

Fruit d’un savoir secret, l’art gothique émergea spontanément au milieu du XIIème siècle et apparut, alors, en tant que « style nouveau », tout comme « nouvelle musique », « nouvelle philosophie » et « nouvelle poésie ». Pour en cerner les fondements il faut remonter à l’époque celtique, des siècles auparavant, lorsqu’une certaine élite connaissait encore toutes les vertus de la nature et maîtrisait par conséquent, les forces terrestres et célestes. Une fusion s’opéra plus tard entre les celtes et les chrétiens qui perpétuèrent à travers l’art roman, les sciences secrètes de l’ésotérisme. Les templiers qui, pour certains d’entre eux, étaient d’anciens druides partirent alors en croisades et ramenèrent des pays d’orient et de Mésopotamie, les secrets d’un art architectural complexe et encore inconnu jusqu'à lors. Il sera par la suite appelé « style gothique » avec, bien sûr, comme principale caractéristique l’arc brisé.Etendu sur trois cents ans, l’art gothique traversa plusieurs phases : du gothique « primitif » à « l’apogée » jusqu’au gothique « décadent » qui, en quelque sorte brisa l’équilibre par des monuments d’une hauteur surdimensionnée. Au fil des siècles cette architecture tendait à se rapprocher le plus possible des cieux tout en affirmant avec fermeté son emprise sur le monde terrestre. L’extérieur des églises gothiques était destiné, par ses sculptures, à communiquer une information : la gloire promise du monde à venir ou la vision suprême de l’Apocalypse. « Je vais vous dire un mystère : nous ne mourrons pas mais tous nous serons transformés. En un instant, en un clin d’œil, au son de la trompette finale, car elle sonnera, la trompette, et les morts ressusciteront incorruptibles » (Saint Paul). En effet, lorsqu’au XIIème siècle on se tournait vers l’avenir, on ne voyait pas un futur mais une fin, où le christ viendrait dans sa gloire juger les vivants et les morts. Mais, il faut également souligner que le Moyen Age fût marqué, vers 1347 par la grande « peste noire » qui suscita, outre la peur et l’inquiétude, une véritable fascination morbide pour le culte de la souffrance. Toutes ces terreurs furent matérialisées par des sculptures figurant les tourments physiques des âmes et des corps, des christs souffrants, des visions de l’Enfer qui apparaissaient en un grouillement interminable dans l’art gothique. Il semble donc évident qu’un contexte sanglant de maladie et de guerre ait eu une influence prépondérante sur l’art du Moyen Age. L’exemple le plus simple étant que le christ n’était pas contrairement à l’art roman représenté en majesté serein et les mains ouvertes, mais souffrant et saignant sur la croix.

Au niveau architectural, l’art gothique inaugure également un nouveau sens de l’espace intérieur qui devient, par le biais des vitraux, le cadre d’extraordinaires jeux de lumière. Cette nouvelle architecture fonctionne en fait, par elle-même puisque dès son entrée dans la nef centrale le spectateur se trouve plongé dans une « vaste serre » où évoluent une multitude de statues qui le surplombent. D’ailleurs dans la sculpture gothique il est très rare de rencontrer un personnage qui ne soit pas abrité sous un dais, sauf dans le cas des gargouilles, qui s’avancent au-dessus de la rue et dont l’isolement dans l’espace indique leur expulsion de l’église. Outre l’aspect théâtral et mystique de ces bâtiments, leur construction elle-même obéit à de constantes géométriques très complexes appelées « divines proportions ». Ces dernières correspondent au nombre d’or » (1,618) qui permet, par exemple, de passer du carré au cercle et dont un des principaux buts est de rassembler les « lignes de forces » à travers les arcs. Le gothique serait, justement, selon les sciences ésotériques, un équilibre entre la terre (le carré) et le ciel (le rond). Il est intéressant aussi de noter que les musiques médiévales telles que les chants grégoriens et les voix célestes étaient également composées suivant ces mêmes constantes mathématiques.

L’artiste médiéval pensait, finalement, en termes de contrastes dialectiques. La création de la lumière la plus pure étant à mettre en rapport avec la première hérésie contre Dieu et donc avec l’obscurité fondamentale. « Les anges rebelles, précipités dans les ténèbres devinrent de plus en plus monstrueux à mesure qu’ils s’éloignaient de la lumière... »


Alban Grould.

(Trinity n°1)


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