- From 1997 to ... -


Prémices

Après des années de lycée à Bayeux placées sous le sceau de la coldwave (Cure, Minimal Compact,...), puis Paris et la rencontre avec un maître es «voix féminines éthérées », 4AD & co (Stéphane Neiva, futur collaborateur de la revue Trinity), la fréquentation assidue de disquaires (New Rose, Danceteria, Entrepôts Phonographiques de l'Est...) avive une passion pour les scènes underground, ces antres fourmillant de fanzines (Prémonition, Ritual, Espoirs Ephémères, La Rue Clandestine, Another View, Magic Mushroom, Alpha Rea...). En France, la coldwave vit alors ses dernières heures avec la « touching pop » et les labels Lively Art, Facteurs d'Ambiance, Aspect d'une Certaine Industrie, Alea Jacta Est, Présage... C'est aussi le moment clé pour une scène que l'on ne nomme pas encore « goth », qui va être régénérée par la vague allemande du German gothic-rock, de la darkwave et de l'heavenly voices. Nous sommes en plein coeur des années 90 et je commence à écrire pour Prémonition, à me rapprocher de structures comme La Rue Clandestine et sa fameuse « Démothèque » (un système de prêt de type bibliothèque, qui permettait de louer des démos k7 pour quelques semaines, une formidable occasion de découvrir des productions de la scène cold et indus de l'époque). Ce premier pas vers un activisme underground va se concrétiser lors de mon arrivée à Cherbourg en 1995.
Cherbourg est une ville très « rock », la densité de bar par habitant, la situation géographique (« le bout du monde » à l'instar de Brest), a certainement pesé sur cette spécificité. Ville des Tétines Noires (Lt-No, mais aussi de futurs Married Monk), d'un élément fondateur de Faust, mais aussi vieille citadelle du fanzinat underground avec « Quetton l'Arttotal » de Rocking Yaset, « Les Amoureux du 24 » de Franck Kervizic (Karceral Flesh, dont un morceau 400 Rem vante la spécificité atomique de la presqu'île), Cherbourg est le lieu idéal pour cultiver au milieu des années 90 une passion pour une musique alors invisible chez les disquaires résistants et cantonnée par défaut aux vépécistes spécialisés (Ombre Sonore, Front de l'Est, La Faculté, Nuit et Brouillard, La Cave aux Crapauds, les débuts de Darkside...). Si le révélateur musical de cette renaissance underground fut certainement l'avènement des groupes allemands Love Is Colder Than Death pour les amateurs de 4AD, puis Project Pitchfork, Endraum et Das Ich. En France, Rise & Fall Of A Decade, Collection d'Arnell-Andrea, Corpus Delicti et Lucie Cries manifestent la qualité de la scène. Nous sommes en 1995 et à travers des discussions enflammées nous débattons dans des cafés des vieux combats entre electro et coldwave, « synthé ou guitare »... C'est à l'Americano que je rencontre Frédéric Hardit, amateur de goth classique à l'origine (Christian Death, Sisters Of Mercy, Alien Sex Fiend...), un des éléments d'un petit groupe de corbaques cherbourgeois aujourd'hui jonché de cadavres (r.i.p.).

to be continued...