Prémices
Après des années
de lycée à Bayeux placées sous le sceau de la
coldwave (Cure, Minimal Compact,...), puis Paris et la rencontre avec
un maître es «voix féminines éthérées »,
4AD & co (Stéphane Neiva, futur collaborateur de la revue
Trinity), la fréquentation assidue de disquaires (New Rose,
Danceteria, Entrepôts Phonographiques de l'Est...) avive une passion
pour les scènes underground, ces antres fourmillant de
fanzines (Prémonition, Ritual, Espoirs Ephémères,
La Rue Clandestine, Another View, Magic Mushroom, Alpha Rea...). En
France, la coldwave vit alors ses dernières heures avec la
« touching pop » et les labels Lively Art,
Facteurs d'Ambiance, Aspect d'une Certaine Industrie, Alea Jacta Est,
Présage... C'est aussi le moment clé pour une scène
que l'on ne nomme pas encore « goth », qui va
être régénérée par la vague
allemande du German gothic-rock, de la darkwave et de l'heavenly
voices. Nous sommes en plein coeur des années 90 et je
commence à écrire pour Prémonition, à me
rapprocher de structures comme La Rue Clandestine et sa fameuse
« Démothèque » (un système
de prêt de type bibliothèque, qui permettait de louer
des démos k7 pour quelques semaines, une formidable occasion
de découvrir des productions de la scène cold et indus
de l'époque). Ce premier pas vers un activisme underground va
se concrétiser lors de mon arrivée à Cherbourg
en 1995.
Cherbourg est une ville
très « rock », la densité de bar
par habitant, la situation géographique (« le bout
du monde » à l'instar de Brest), a certainement
pesé sur cette spécificité. Ville des Tétines
Noires (Lt-No, mais aussi de futurs Married Monk), d'un élément
fondateur de Faust, mais aussi vieille citadelle du fanzinat
underground avec « Quetton l'Arttotal » de
Rocking Yaset, « Les Amoureux du 24 » de Franck
Kervizic (Karceral Flesh, dont un morceau 400 Rem vante la
spécificité atomique de la presqu'île), Cherbourg
est le lieu idéal pour cultiver au milieu des années 90
une passion pour une musique alors invisible chez les disquaires
résistants et cantonnée par défaut aux
vépécistes spécialisés (Ombre Sonore,
Front de l'Est, La Faculté, Nuit et Brouillard, La Cave aux
Crapauds, les débuts de Darkside...). Si le révélateur
musical de cette renaissance underground fut certainement l'avènement
des groupes allemands Love Is Colder Than Death pour les amateurs de
4AD, puis Project Pitchfork, Endraum et Das Ich. En France, Rise &
Fall Of A Decade, Collection d'Arnell-Andrea, Corpus Delicti et Lucie
Cries manifestent la qualité de la scène. Nous sommes
en 1995 et à travers des discussions enflammées nous
débattons dans des cafés des vieux combats entre
electro et coldwave, « synthé ou guitare »...
C'est à l'Americano que je rencontre Frédéric
Hardit, amateur de goth classique à l'origine (Christian
Death, Sisters Of Mercy, Alien Sex Fiend...), un des éléments
d'un petit groupe de corbaques cherbourgeois aujourd'hui jonché
de cadavres (r.i.p.).
to be continued...
Dernière mise à jour le mercredi 7 février 2007