Qu’il en soit comme le grand Bolg l’a décidé, Trinity s’est donc métamorphosé en dragonneau afin de se dévorer les entrailles fumantes de la bête et les secrets détenus par les prêlats obscènes de l’église de Fand.

A quand remontent tes premières expériences musicales? Comment est né le royaume de Fand…?

Eric Roger: Mes premières expériences musicales remontent à ma petite enfance. Déjà dans le ventre de ma mère, je sautait de joie à chaque fois que j’entendais du Wagner ce qui n’était pas forcément du goût de ma génitrice… Dès l’apparition des signes les plus probants de ma passion pour l’auteur de la Tétralogie, elle s’est donc mise à écouté exclusivement du Mozart pour éviter mes galipettes!!! D’ou mon actuelle répulsion pour ce petit autrichien…

Quand au royaume de Fand, c’est Gaë qui me l’a fait découvrir et je dois dire sincèrement que depuis ce jour, je m’y sens plutôt bien..

Gaë Bolg: Le Royaume de Fand existe depuis si longtemps qu’aucun être humain sans doute n’aura pu se vanter de l’avoir vu naître. Je l’ai découvert par hasard, dans un songe embrumé et libidineux, et sa beauté vénéneuse m’a immédiatement séduite. Aucun être humain, même parmi les plus grands, pas même moi, n’aurait été capable de résister à l’inoubliable sourire de Fand, notre mère à tous. Après de longues et dangereuses copulations, je su que j’en étais à jamais prisonnier…

Nombre d’entre nous ont découvert ton nom sur les disques de Sol Invictus, Tony Wakeford ou L’Orchestre Noir, ne penses-tu pas que la marque du Grand Bolg était déjà présente sur ces projets, bien avant que l’on découvre tes premiers enregistrements (le côté martial-fantasy)?

Gaë: Depuis longtemps déjà, Tony Wakeford est un fervent adepte de l’Eglise de Fand: il n’est donc pas surprenant qu’il ait été fortement influencé par moi. Il m’a d’ailleurs été d’une grande aide sur les disques de Sol Invictus et de l’Orchestre Noir.

J’aime bien le terme «martial fantasy». Même si c’est un peu réducteur (cela pourrait laisser à penser qu’il y a place pour la fantaisie ce qui bien sur n’est pas le cas), ça me convient plutôt assez…

Qu’en est-il des intervenants dans tes projets? Comment différencier SEVEN PINES, GAË BOLG…?

Eric: Je crois qu’il est assez facile de différencier Seven Pines de Gaë Bolg, ne serait-ce que pour une raison simple: Seven Pines est mon projet, alors que Gaë Bolg est celui de… Gaë!!! Bien sur, nous jouons ensemble souvent et sommes de grands amis (Gaë a d’ailleurs enregistré mon album dans son studio), bien sur les instrumentistes qui interviennent sur nos albums sont des amis communs et il n’est donc pas étonnant qu’on les trouve sur nos deux projets, mais nous sommes quand même deux personnalités bien différentes!!!

Gaë: Je n’ai jamais vraiment compris cette confusion entre nos deux groupes. Pour « Gaë Bolg and the Church of Fand », toutes les décisions finales sont miennes, alors que pour Seven Pines, Eric est seul maître à bord. Après, il est vrai que nous avons un peu les mêmes goûts musicaux, nous jouons souvent ensemble, nous avons beaucoup d’amis communs, nous aimons tous deux les grandes ripailles et nous partageons les mêmes femmes (sauf évidemment Noria, ma concubine principale, que je ne partage pas); Il n’est donc pas très étonnant qu’il y ait comme un air de famille entre nos deux projets…

Un bestiaire médiéval-fantastique nourri, au sens propre, de grivoiserie, de fracas d’épées et de légendes éroto-héroïques entoure tes productions, serais-tu le Gilles de Rais de la dark-folk?

Eric: Voilà une description parfaite de Gaë! J’aurais ajouté ripaille, cochonailles et rabelaiserie!!!

Gaë: Je suis assez d’accord avec toi, mais il ne faut pas oublier non plus l’importance primordiale et la présence rayonnante de Fand, notre Mère à tous, sinon, une bonne partie de son Royaume risque de t’être à jamais fermé.

La discographie de Gaë Bolg reste souvent inaccessible au public: édition limitées, éditions vinyles, distribution souterraine; est-ce une volonté artistique ou le résultat d’un concours de circonstances?

Gaë: De très nombreux fans ne vivent que pour moi. C’est d’ailleurs parfois une peu gênant, même si, il faut le reconnaître, c’est assez plaisant. Il est donc tout à fait normal qu’ils puissent bénéficier d’édition qui leur sont avant tout destiné. Je veux qu’ils puissent être fier de ces objets très limités et que leurs voisins de palier se tordent d’une jalousie malsaine et envieuse.

Bien sur, comme parfois j’aime également les gens plus simples, une partie de mes œuvres n’est et ne sera jamais limité. Je pense par exemple à «l’appel de l’Ankou», ma prochaine œuvre sur support CD qui devrait être disponible non seulement chez tous les disquaires dans le monde mais aussi dans la plupart des supermarchés. La ménagère de moins de 50 ans tout comme l’ouvrier en bâtiment y aura donc facilement accès. Il est temps que les Lara Fabian et autre Garou de tout poil se mettent à trembler sur leur fragile piédestal rempli d’illusions!

Eric: En tant que collectionneur, j’aime bien les beaux objets rares et jamais réédités. Je compte donc bien participer à ce juteux et très injuste marché! Cela dit, les albums de Seven Pines ne seront pour la plupart pas destinés à être tirés en pressage limités.

La trilogie Oran Mor fait-elle référence au cycle «A NEW FORM OF BEAUTY» des VIRGIN PRUNES, une édition répartie sur des formats vinyles 7 », 10 » et 12 »?

Y aura-t-il une édition complète sur un seul disque, album vinyle ou cd de ce projet?

Gaë: Tout à fait. Jusqu’à très récemment, je croyais que les VIRGIN PRUNES était un groupe de Lesbiennes Punk fans de Lydia LUNCH et que leur « New form of Beauty » était un manifeste de la sexualité entre femmes. J’avais donc accepté ce projet car je crois que les personnages publics tels que nous se doivent de défendre à tout prix les causes des minorités ethniques, quelles qu’elles soient.

Quelle n’a pas été ma surprise en apprenant que les VIRGIN PRUNES n’étaient en fait qu’un Boys Band de plus né de l’imagination diabolique d’un cupide producteur!!! Pour cette raison, moi vivant, il n’y aura pas de réédition CD de ce projet!!!

« TINTAGEL » (cf: chronique dans ce numéro) est un disque monumental qui revigore le genre en deuil depuis la fin de THE MOON LAY HIDDEN BENEATH A CLOUD, comment vont s’articuler les nouveaux projets de Gaë Bolg?

Gaë: Merci pour le compliment. Même si j’en reçoit souvent, ça fait toujours plaisir!

Les parutions à venir sont assez nombreuses: « L’appel de l’Ankou » est un 10″ très limité qui, après moult retard devrait finalement apparaître courant mars sur la très prometteuse structure « Le Cluricaun ». C’est un picture disc 4 titres dont 2 sont à la fois guerriers et dansants, 1 plus introspectif et le dernier une valse!  « La ballade de l’Ankou », mon nouveau cd à paraître j’espère début Avril, est je crois ce que j’ai fait de plus puissant et de plus monumental à ce jour, avec force percussions, trompettes et cor de chasse!!! « Le miracle de Théophile » qui verra le jour plus tard dans l’année sera lui nettement plus marqué par le moyen-âge. Enfin, la « Pleasure Box » est un coffret qui comprendra un cd live puissant enregistré pendant la tournée 2000, une vidéo et un 7″, le tout étant évidemment aussi luxueux que limité.

Je dois préciser que je travaille toujours d’arrache-pied à mon « sexarium », ce fabuleux objet très beau, érotique et dangereux qui j’espère verra le jour d’ici 1 an ou 2.

SEVEN PINES bénéficie d’une distribution WORLD SERPENT, cela laisse-t-il présager une réédition plus large de tes disques précédents?

Gaë: Universal Music ainsi que Virgin music m’ont contacté pour rééditer mes premières œuvres mais au jour d’aujourd’hui, rien n’a encore été signé. Cela dit, je pense que les éditions limitées sont faites pour le rester…

Prévois-tu des collaborations ou projets parallèles?

Eric: J’ai en effet 1 ou 2 projets parallèles. Le premier album de Silver Lady, « Inclus concentré de génie avec morceaux dedans » (réalisé avec un étrange guitariste lyonnais, un certain Dr Sin), devrait voir le jour bientôt suivi de peu d’un long Ep, « Tout simplement ». L’année prochaine devrait paraître le nouveau Seven Pines, « Nympholept », ainsi que la première partie d’un projet fou d’opéra gigantesque et mégalo réalisé avec l’aide de Gaë Bolg et de nombreux amis, « La nef des fous ».

Quand aux collaborations, j’ai participé comme musicien et chanteur (tout comme Gaë) au 1er cd de Baby Fand « Seven days of Joy, Part I » ainsi qu’au splendide 1er cd du Ouarzazate Dark Consortium, 2 œuvres qui paraîtront Dieu seul sait quand!!!

Dans un avenir plus lointain, il est également question d’un nouvel Orchestre Noir avec Tony, ainsi qu’un nouveau projet easy listening assez amusant, toujours avec Tony.

Devenir et croisades pour les mois à venir?

Gaë: Entarter Céline Dion, défendre encore et toujours les licornes, faire entendre raison à Liguano Di Kaprio, l’Iguane mascotte de l’Eglise de Fand, et enfin demander au conseil de l’Etat que l’Eglise de Fand soit reconnue à sa juste valeur c’est à dire religion d’état.

Eric: Prendre position contre la mondialisation, défendre comme on peut José Bové, soutenir ATTAC (collectif pour la mise en place de la taxe Tobin), boycotter les OGM, condamner fermement la scandaleuse politique étrangère des Etats Unis, aider l’Argentine et tous les pays que l’on affame après les avoir coloniser, se battre au quotidien contre l’envahissante bêtise de nombre de nos concitoyens…


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