Alors
qu’ils sortent en cet automne 2005 leur troisième album cd sur le label
de CLAN OF XYMOX Pandaimonium, retour sur les origines du groupe et les débuts
de sa glorieuse histoire

 

Aujourd’hui
malgré une pléthore de publications dans la scène goth-dark,
phénomène lié à la « facilité » technologique
de l’informatique musicale, peu de groupes réussissent à proposer
des univers musicaux transcendants ou captivants, VIOLET STIGMATA apparaît
dès lors comme un exemple s’inscrivant dans la lignée de CORPUS
DELICTI, DRAMA OF THE SPHERES ou BROTHERHOOD OF PAGANS. Pouvez-vous nous raconter
brièvement votre histoire et évoquer votre parcours musical (déjà
imposant)?

A
vrai dire c’est un peu une succession de hasards : j’ai composé entre
1996 et 2002 6 ou 7 démos en pleine dépression sans aucune envie
d’en faire quoi que ce soit. Après avoir rencontré en 2001 Laurent
et Pierre à Besançon, nous décidons de former un groupe
(mais rien à voir avec VS). Laurent à la basse, Pierre au chant
et moi-même à la guitare. A ce moment précis, Céline
(ma femme) et moi décidons à des fins professionnelles de nous
exiler dans la puanteur parisienne et donc, adieu le groupe : néanmoins,
nous faisons un concert (qui devait être le premier et le dernier) devant
une trentaine de personnes à Plancher-les-Mines au fin fond de la Haute-Saône.
Par manque de répertoire, nous utilisons alors mes morceaux et jouons
donc sous le nom de Violet Stigmata, avec une formation modifiée : Laurent
garde la basse, Pierre prend le clavier et je chante mes textes, le tout avec
l’aide d’un ami jazzman à la guitare (un dépannage pour le moins
étrange). La magie a opéré, et il n’était plus question
d’abandonner. Pierre est resté à Besançon, mais Laurent
nous a suivi à Paris. Céline, qui par la suite a conçu
tout le visuel du groupe ainsi que les sites, s’est collée au clavier,
et nous avons rencontré Fred qui est non seulement un excellent guitariste,
mais surtout un ami précieux et irremplaçable depuis ce temps-là.
Arrivés dans la capitale, pas mal de choses ont évolué
à une vitesse qui nous dépasse encore. Un label contacte et nous
signe (on est en hiver 2001-2002), suivront la parution de « Décompositions
& Reliques » en juin 2002 et, un an plus tard, la sortie de son jumeau
« Progénitures, Suite & Fin », qui clôt notre période
« démos ». Mais pendant ce temps, il nous est arrivé des
choses dont on aurait pas osé rêver il y a encore deux ans : les
concerts se multiplient, parfois avec des groupes et dans des salles plutôt
impressionnants (Cinema Strange, Das Ich, Bloody Dead & Sexy…), plein
de rencontres (sachant que plus les gens vous sollicitent, plus on rencontre
de crétins et de lèche-cul). Enfin, les réactions de la
scène en général se sont montrées particulièrement
encourageantes. Actuellement, nous composons l’album.

Un
clavier lunaire (utilisé de façon minimale et expressive, un
peu à la manière d’X MAL DEUTSCHLAND), des guitares stridentes
et acérées façon Death-rock, une basse cold ronde et
rampante, un chant entre batcave et intensité psychotique… Votre
musique évoque mille références mais semble unique, quelles
sont ou ont été vos influences, les artistes qui vous renversent?

Nous
avons des influences vraiment variées… Ca va des années 60 à
maintenant en passant par à peu près tous les styles, rock, punk,
goth, industriel, metal… Nous sommes suffisament curieux pour nous intéresser
à un maximum de choses ; personnellement en ce moment, j’écoute
beaucoup Magazine et Danse Society. Céline est restée bloquée
sur Deutsch Nepal, Laurent n’en finit pas d’user ses vieux albums de death-rock
et Fred semble naviguer entre les premiers Diary of Dreams et My Dying Bride.
C’est vague…

Quelle
a été la logique pour construire les deux premiers albums? Comment
avez-vous puisé dans la multitude de territoires explorés dans
les premières démos?

Simplement,
nous avons choisi les titres qui nous plaisaient le plus parmi les mieux enregistrés,
avant le remastering. J’ai aussi opté à titre personnel pour des
morceaux dont les textes me touchent le plus. C’est sans doute la raison pour
laquelle il n’y a pas la moindre cohérence ou homogénéité
entre eux, mais comme c’est parti, je crains que le prochain ne vaille pas mieux
à ce niveau-là.

Est-ce
que vos performances scéniques donnent lieu à un mise en scène
particulière?

Pas
encore du fait que justement, les titres n’ont aucun rapport entre eux. Par
contre, l’album conceptuel qui est en cours d’incubation fera l’objet d’un prolongement
scénique afin d’illustrer son contenu. Nous travaillons là-dessus
et on commence à y voir un peu plus clair.

Avez-vous
le projet de publier des pressages vinyles de vos albums?

Pour
cela, il nous faudrait un peu plus d’argent ! L’objet est séduisant,
mais c’est un luxe que nous ne pouvons pas nous permettre pour l’instant. Plus
tard, pourquoi pas…

Comment
vous positionnez-vous par rapport à la scène française
cold-dark d’hier et d’aujourd’hui? Avez-vous un sentiment d’appartenance à
une sorte de famille?

Bof.
Evidemment, on ne peut pas nier que nous nous plaçons parmi des groupes
comme Neva, Norma Loy et autres acteurs de la scène goth/dark, mais nous
n’avons pas l’intention de faire la même chose ad vitam aeternam. Disons
qu’on ne veut pas se faire enfermer dans une famille ou une scène aux
contours trop nets. D’ailleurs, un journaliste italien (au demeurant fort sympathique)
a dit que nous étions « dans le peloton de tête aux côté
de Bloody, Dead & Sexy, Chants of Maldoror et Cinema Strange ». C’est
flatteur certes, mais qu’est-ce qu’on vient faire là-dedans ??? Aucun
des groupes auxquels on cherche à nous assimiler n’utilise l’électronique
comme nous, et au delà de ça, ce n’est pas le même feeling…
Nous ne sommes en compétition avec personne. Et par rapport à
la scène française, c’est pareil. Ceci dit, nous avons un profond
respect pour des formation comme Neva/ Jacquy Bitch, Clair Obscur, Corpus Delicti,
Martyr Whore, Norma Loy, Les Tétines Noires et bien d’autres…

Je
crois savoir que Nicolas vient de Besançon, « is there any goth
culture in Besançon? »

Laurent,
Céline et moi sommes de Franche-Comté, Céline et moi sommes
bisontins. Malheureusement, il n’y a pas réellement de scène dark
à Besançon. Par contre, il y a une grosse scène metal et
hardcore.

L’esthétique
-noir et blanc-, les thématiques évoquées renvoient à
la maladie, la malformation, les tréfonds de l’âme: dimension
cathartique, expression psychanalytique, surréalisme sous influence
Eros et Thanatos…?

Les
textes ne parlent que de moi-même, à quelques exceptions près.
Il s’agit d’un exorcisme. Ici on soigne le mal par le mal, et ça fonctionne
assez bien. Même si Violet Stigmata venait à décéder,
je continuerai à écrire. Il y a quelque chose d’impalpable qui
nous unit et qui nous aide à vivre. Tu as raison d’évoquer la
maladie (Parasite), la malformation (Rats), et surtout la dimension cathartique
(I want to be a Little Girl, Legacy) et le surréalisme morbide (Animals
on Fire). J’ai besoin de me décharger dans mes textes, et nous tous dans
la musique.

Quels
sont les projets à venir?

L’album
et les concerts, notamment à l’étranger. Céline vient de
finir le nouveau site. En ce qui me concerne, je joue avec Sleeping Children
en tant que guitariste, mais là c’est plus ouvertement death-rock que
Violet Stigmata.

Vos
dix disques incontournables (pour le groupe) ?

Only
Theatre Of Pain (Christian Death), Isolated Tracks (Clair Obscur), Suspiria
de Profundis (Die Form), IO (Project Pitchfork), All The Colors Of Death (Blooding
Mask), The Gospel Of Inhumanity (Blood Axis), Only Heaven (The Young Gods),
Zoon (Nefilim), Dio Dio Dio (Madre Del Vizio), Psychoma (Diary of dreams).


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