Groupe : Cure, The
Album : Bloodflowers
Date : 2001-08-01
Label : Fiction Records
Distributeur :
Format : DLP/CD
Durée :

« BLOODFLOWERS »
n’est pas plus que « KISS ME, KISS ME, KISS ME »
ou « DISINTEGRATION » un descendant direct de « PORNOGRAPHY » ;
il faut néanmoins comprendre dans cette tendancieuse présentation
médiatique de l’album une façon de dire que ce nouveau disque
n’a rien à voir avec les divagations iconoclastes de « WILD
MOOD SWINGS ». « BLOODFLOWERS » est le premier
album de THE CURE depuis fort longtemps, a avoir une unité et une atmosphère
chargée. Lancinant au gré de berceuses électriques tentaculaires
parées de brouillard, dodelinant sous la chappe gris de cendre des textes
de Robert Smith ; du décollage en douceur de Out of this world
aux gangues abrasives de Watching me fall, The loudest sound,
39 ou Bloodflowers, la Mort de l’inspiration, l’absence
de flamme, la difficulté à ressentir, à écrire chargent
les titres d’un malaise constant. Robert Smith ne domine plus une hypothétique
pop-wave décalée comme aux plus beaux jours de « THE
HEAD ON THE DOOR », empêtré dans THE CURE il extrait
à nouveau une bile noire qui redonne sens à la musique du groupe.
Enseveli, réellement noyé, le « prince du Pire »
redevient par fragilité et faiblesse celui qui sait arpenter les voies
les plus inconfortables de l’introspection. Les dix titres (neuf sur la
version CD) prennent plus de sens à chaque écoute ; sous
une production sonore sobre ils évoluent et se dévoilent avec
subtilité. Ni tendu, ni inquiet, ni torturé, « BLOODFLOWERS »
est sous l’emprise d’une mélancolie incurable, une difficulté
à être irrésolue portée par la voix retrouvée
d’un Robert Smith calme et désespéré.

N.B. :
l’édition CD japonaise contient le titre supplémentaire
de la version vinyle.

Catégories : Chroniques

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