Groupe : Endlesston
Album : Between Time
Date : 2017-21-11
Label : Infrastition
Distributeur :
Format : CD

Ce nouveau projet mené par Laurent Saïet et Ben Ritter (ex-Begin Says/B. Says) est une oeuvre sinueuse et nocturne, écho fascinant aux spasmes d’un Tuxedomoon éternel, celui des zones intersticielles, entre caresse de cabaret bleu et décharges électriques lynchiennes. Elegant et arty en diable, capable de mouvoir le corps et l’esprit sur les rythmes post-modernes de Flory Days, Endlesston circule dans les couloirs du « Desire » de Tuxedomoon, peut-être aussi parfois ceux de sa sonate fantôme mais le disque témoigne surtout d’une idée presque inactuelle de l’objet sonore. « Between Time » résonnant telle une composition immersive, à l’instar d’un concept album, mais avec la fluidité d’une oeuvre intimiste qui explore plus qu’elle n’expose. Tout en tension et nerfs, parfois merveilleusement cauchemardesque, ce disque ne relâche jamais son étreinte; torsion fébrile, obsessionnelle et pourtant d’une délicatesse rare (Psycho Echo et sa guitare « infinie » à la Michael Brook), Endlesston maîtrise totalement son sujet en offrant une vision autre du groupe de San Francisco, nourrie par une culture musicale extrêmement dense. Expérimental, arty, spatial, gorgé de basses hypnotiques, de clarinette, de programmations psychotiques, de claviers ensorcelants, de mandoline, de theremin et de guitare, mais surtout parcouru par les voix magnétiques et anxieuses de Ben Ritter et parfois de Laurent Saïet; « Between Time » aurait été sans conteste l’objet d’un culte dans les années 80, mais reste définitivement un OVNI en 2017, un disque qui s’émancipe du réel, exigeant et pourtant d’une évidence onirique nue.

Catégories : ChroniquesNews

Laisser un commentaire