Groupe : Cure, The
Album : 4:13 Dream
Date : 2008-11-02
Label : Suretone
Distributeur :
Format : DLP/CD
Durée :

Après quatre singles peu convaincants essaimés le 13 de chaque mois et un EP de remixes pour faire patienter encore un peu, l’album est finalement sorti fin octobre. Attendre quelque chose de The Cure n’est plus forcément de mise depuis de longues années, depuis « Disintegration », et malgré quelques réussites sur « Wish », « Bloodflowers » ou « The Cure », chaque disque manquait cruellement de vie et de cohérence, tour à tour empâtés, longs, brouillons ou décousus. Quelques sursauts le temps de concerts souvent magistraux entretenaient la flamme de vieux corbeaux conciliants. Un nouvel album, le treizième donc, parcourant les rêves ou plutôt les vagues existentielles de Robert Smith, un disque qui s’ouvre sur « Underneath the stars », un prélude plombé, grandiose et épidermique. Tout est dit, le son, la mélodie, le chant intimiste chuchoté, les brisures rythmiques, un catalyseur de frissons, envoûtant. Le ton est donné, The Cure a retrouvé la cohérence sonore et l’équilibre, la présence de Porl Thompson à la guitare apporte beaucoup, la basse est beaucoup plus présente et Jason Cooper trouve de mieux en mieux sa place en développant un jeu personnel. Dès le second titre, « The Only One » (l’un des 4 singles), la magie pop aérienne et euphorisante fait effet, si la lignée « Just Like Heaven » est évidente, le souffle et l’énergie emportent et le titre est étrangement transfiguré dans cette version album (ce qui se vérifiera sur les trois autres dont les 13mix des versions singles étaient également assez fades). Au fil d’un disque aux titres courts et à la durée restreinte (50 minutes), on retrouve l’univers d’un The Cure entre pop, onirisme et tension. Sur 13 titres, près d’une dizaine résonnent à mesure des écoutes, entre sommets: l’ouverture (« Underneath the stars »), « This, Here and Now, with You », « Sleep when I’m dead », « The Only One », dérapages saisissants sur « The Scream » ou le final chaotique et presque excessif « It’s over », des titres qui
se révèlent comme l’épique « The Hungry Ghost », le lancinant « The Perfect boy » (écho à la « Perfect Girl » de « Kiss Me, Kiss Me, Kiss Me) ou le galop rageur de « Switch ». Si la tentative « british beat » très sixties de « Freakshow » est un peu malhabile, « 4:13 Dream » est dense, vivant et nourrissant dans son ensemble. Depuis près de quinze années The Cure n’avait pas produit un album de cette présence, impliqué jusqu’à l’os, ciselant un son à leur mesure (l’un des aspects clé de ce disque) et maîtrisant de bout en bout des variations comme aux plus belles heures du groupe. Un grand disque de 2008 tout simplement!

Catégories : Chroniques

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