Groupe : EDH
Album : Prédature
Date : 2012-01-20
Label : Lentonia Records
Distributeur :
Format : LP/CD
Durée :

EDH (à ses débuts Emmanuelle De Héricourt) produit depuis 2003 des disques aux couleurs minimales et électroniques. Premier album sous le diminutif EDH à connaître une édition sur un label, « Prédature » intrigue de sa pochette verdâtre où pose un hybride humano-reptilien à sa radicalité musicale minimale.

Entêtant dans le meilleur sens du terme, difficile de décrocher de ces quatorze titres, de l’inaugural Ramble à la basse cold sur fonds rythmique IDM, la voix lancinante épuisée et robotique, la mélodie pâle et agonisante entre The XX et Ruth à la synth cold-wave épurée sur Someone, toujours sur le fil et à distance. Parfois l’ambiance se fait rêveuse, on pense aux Young Marble Giants (Damned Song), à AC-Marias, réminiscences qui ne pèsent jamais. « Prédature » convainc non seulement par ses compositions mais aussi par une production idéalement dosée (à noter que le mastering a été fait par Norscq), le choix du minimalisme n’enlèvant rien au potentiel presque pop de certaines comptines (Stephanovitch). Les soubassements lo-fi et expérimentaux (Anymore et Dead Dog) apparaissent deci delà sans nuire aux lignes épurées de l’album. Hypnotique Aligula et sa basse plombée, ritournelle enfantine sur Three Days, post-punk énervé sur Relativities…

« Prédature » est si riche malgré la rusticité volontaire de son style qu’il est difficile de le réduire à des références, mais il est d’ores et déjà un classique d’un nouveau genre, hybride des 80’s minimales et de l’intimisme blême du nouveau siècle. Plus que recommandé!

Catégories : Chroniques

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